En bref : 7 jours ? Misez sur 2 ou 3 destinations maximum, nord ou sud, sans chercher à tout voir. 10 jours ? Le bon compromis pour enchaîner Milan, les Cinque Terre, Florence et Rome sans courir. 14 jours ? Vous traversez la péninsule du nord au sud jusqu’à Naples, avec la possibilité de privilégier les Pouilles dans un parcours alternatif. Budget voiture : environ 400 euros en basse saison et 550 euros en haute saison pour deux semaines, hors carburant et péages. Meilleure période : avril-mai ou septembre-octobre, avec des températures généralement agréables et des foules plus raisonnables.
Quel itinéraire choisir pour un road trip en Italie ?
1 300 km de côtes, une mosaïque de régions radicalement différentes, des villages médiévaux perchés sur des falaises et des musées parmi les plus riches d’Europe : l’Italie est sans doute l’une des destinations de road trip les plus denses du continent. Pas étonnant que les voyageurs y reviennent en cherchant chaque fois un angle nouveau.
Selon la durée disponible, l’expérience change du tout au tout. Une semaine force à trancher. Deux semaines permettent de respirer. Et trois semaines ouvrent la totalité de la péninsule, des Dolomites jusqu’à la pointe des Pouilles. Voici comment structurer votre parcours selon le temps dont vous disposez.
Itinéraire de 7 jours : choisir entre nord et sud
Une semaine en Italie, c’est court. Tentez de tout voir et vous rentrerez épuisé avec des souvenirs d’autoroutes. La bonne stratégie : 2 ou 3 destinations maximum, choisies selon une logique géographique claire.
Option nord : entrez par Milan (1 journée suffit pour le Duomo, la Galleria Vittorio Emanuele II et la Scala), filez vers Venise pour 2 à 3 jours sur les canaux, le Palais des Doges et la Place Saint-Marc, avec une escapade vers Murano ou Burano. Option sud : Naples (1 à 2 jours entre Spaccanapoli, le château Sant’Elmo et une pizza chez l’Antica Pizzeria Da Michele), Pompéi pendant au moins une demi-journée via le train Circumvesuviana, puis la côte amalfitaine pour 1 à 2 jours. Ne conduisez pas dans le centre de Naples : les transports en commun sont plus adaptés et les ruelles sont difficiles à parcourir en voiture.
Itinéraire de 10 jours : le meilleur compromis
10 jours représentent le bon équilibre entre profondeur et variété. Le tracé classique part de Milan, descend vers les Cinque Terre (3 jours recommandés pour randonner entre Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore), puis rejoint Florence pour 3 jours, avant de terminer à Rome pour 3 jours.
Notez que depuis La Spezia, le train régional dessert les Cinque Terre de façon bien plus pratique que la voiture : les routes sont étroites et le parking quasi introuvable. Florence recèle bien plus que la Piazza del Duomo et le Ponte Vecchio : prévoyez du temps pour les Offices, la Galleria dell’Accademia et les quartiers moins fréquentés. Si votre trajet passe par Bologne, le Due Torri, la Piazza Maggiore et la statue de Neptune valent une halte, sans parler des pâtes al ragù qui constituent ici la véritable religion locale.
Itinéraire de 14 jours : du nord au sud de la péninsule
Deux semaines permettent enfin de traverser l’Italie sans se précipiter. Voici un parcours cohérent :
| Jours | Étape | Durée recommandée |
|---|---|---|
| 1-2 | Milan | 2 jours |
| 3 | Gênes (maison de Christophe Colomb, aquarium) | 1 journée |
| 4-6 | Cinque Terre (Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore) | 3 jours |
| 7 | Pise (Torre di Pisa, Piazza dei Miracoli) | quelques heures |
| 8-9 | Florence (Uffizi, Ponte Vecchio, Accademia) | 2 jours |
| 10-12 | Rome (Colisée, Vatican, Panthéon, fontaine de Trevi) | 3 jours |
| 13 | Naples | 1 journée |
| 14 | Pompéi | 1 journée avec les trajets |
Positano se découvre en 2 à 3 heures, Amalfi en 1 à 2 heures. Les tarifs et horaires du ferry depuis Salerne vers Positano varient selon la saison : vérifiez-les avant le départ. Cette traversée reste une alternative bien plus agréable que la route S163, sinueuse et exigeante.
Un itinéraire alternatif de 14 jours axé sur le sud et les Pouilles
Les Pouilles restent sous-estimées. Pourtant, cette région offre une diversité architecturale saisissante : les trulli d’Alberobello (quelques heures suffisent), les ruelles blanches d’Ostuni (1 à 2 nuits), le baroque de Lecce (1 à 3 jours), les falaises de Polignano a Mare (1 journée) et les plages de Gallipoli. Locorotondo, Martina Franca et Cisternino complètent ce tableau.
Matera mérite plusieurs jours pour ses Sassi et ses maisons troglodytes. Si vous envisagez la Sicile pour prolonger, renseignez-vous sur les erreurs fréquentes qui gâchent un séjour en Sicile dès le premier jour : la Vallée des Temples à Agrigente s’étend sur un vaste site archéologique, tandis que Taormine, Catane ou Noto méritent une organisation sérieuse.
Les plus belles routes de road trip en Italie
La Chiantigiana (S222) traverse environ 70 km entre Florence et Sienne au cœur des vignobles et des oliveraies toscanes. Elle se parcourt sans se presser en une journée, avec des haltes chez les viticulteurs. Léo Ferré avait choisi de se retirer à Castellina in Chianti : difficile de lui donner tort.
La Grande Route des Dolomites court sur environ 110 km de Bolzano à Cortina d’Ampezzo, franchit le col du Pordoi et longe le lac de Carezza. Les Tre Cime di Lavaredo culminent à près de 3 000 mètres. Le Corbusier les a qualifiées de « plus belle architecture naturelle du monde ». Ces roches pâles virent au rouge au coucher du soleil. Les Dolomites sont inscrites au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, tout comme la côte amalfitaine et les Cinque Terre.
Le tour du lac de Côme représente environ 150 km de pourtour entre Colico, Lecco et Côme, avec des villas historiques comme la Villa d’Este, la Villa Melzi ou la Villa del Balbianello. Les routes côtières de Sicile (SS113, SS114, SS115) méritent également le détour : les ruines gréco-romaines de Tindari, Raguse et ses ruelles baroques ou la Vallée des Temples composent un itinéraire à part entière.
Budget et coûts pour un road trip en Italie
La location de voiture revient à environ 400 euros en basse saison et 550 euros en haute saison pour deux semaines, selon le véhicule, les dates et les assurances. Prévoyez une carte acceptée par le loueur pour le dépôt de garantie. Le carburant et les péages varient fortement selon le trajet : vérifiez les tarifs au moment de préparer votre itinéraire et conservez une marge pour le stationnement.
L’hébergement pour un couple oscille généralement entre 90 et 110 euros la nuit en basse saison, et entre 140 et 180 euros en haute saison. Pour une famille de 4 personnes, les tarifs peuvent grimper à 130-150 euros en basse saison et 200-250 euros en haute saison. Les B&B et locations dans les Pouilles offrent souvent un bon rapport qualité-prix. Pour les repas, le budget dépend fortement des villes et du type d’établissement. À titre indicatif, prévoyez un budget total de 2 900 à 3 200 euros pour deux semaines en famille de 4 en basse saison, et de 3 800 à 4 300 euros en haute saison.
Le van représente une alternative : la location coûte souvent de 80 à 120 euros par jour selon la saison, auxquels s’ajoutent le carburant, les aires de stationnement, les péages et la nourriture. Comparez le coût total avec celui d’une voiture et d’hébergements avant de réserver.
Conseils pratiques pour conduire en Italie
Les limites de vitesse sont généralement de 130 km/h sur autoroute, 90 km/h sur route nationale et 50 km/h en ville, sauf signalisation contraire. Respectez-les. Les radars sont nombreux et les amendes élevées.
Les zones à circulation limitée (ZTL) constituent le piège numéro un. Florence, Pise, Milan, Rome et la quasi-totalité des centres historiques italiens sont équipés de caméras. Une entrée non autorisée peut entraîner une amende, parfois majorée de frais administratifs par le loueur. Garez le véhicule en périphérie sur un emplacement autorisé et rejoignez les centres à pied ou en transport. Depuis la France, un train peut vous conduire en Italie en moins de 5 heures pour une première escapade sans voiture, ce qui évite ces contraintes à l’arrivée.
Les routes toscanes sont étroites et sinueuses. La côte amalfitaine présente une conduite exigeante : des bus de tourisme croisent des camions sur des routes étroites, avec la mer en contrebas. Les applications de navigation ne sont pas toujours à jour sur les routes fermées. Enfin, dans les grandes villes du sud, la conduite peut surprendre les voyageurs peu habitués à la circulation locale.
Quelle est la meilleure période pour partir en road trip en Italie ?
Avril-mai et septembre-octobre offrent souvent le meilleur compromis. Les températures sont généralement agréables, les files d’attente restent plus gérables et les tarifs d’hébergement sont moins élevés qu’au cœur de l’été. Juillet-août peuvent dépasser 40°C dans certaines villes, avec une fréquentation touristique maximale et des prix élevés.
Juin peut déjà être très fréquenté, particulièrement aux Cinque Terre. L’hiver ferme certains sites dans les régions montagneuses et les zones côtières isolées. Les Pouilles et Naples restent accessibles une grande partie de l’année. Les Dolomites se transforment en stations de ski l’hiver, mais les routes de montagne deviennent plus délicates. Et si vous passez par Ivrée en février, la bataille d’oranges mérite le détour.
- Avril-mai : idéal dans de nombreuses régions, surtout en Toscane et dans les Pouilles
- Juin : évitez les Cinque Terre et Venise les week-ends
- Juillet-août : plus agréable en altitude, très chaud dans les grandes villes
- Septembre-octobre : recommandé pour le sud et la Sicile
- Novembre-mars : adapté aux musées et aux voyageurs qui recherchent moins de foule
Pour les familles, la basse saison offre non seulement des tarifs souvent moins élevés, mais surtout une expérience de voyage plus sereine. Un budget quotidien indicatif de 205 à 230 euros en basse saison, contre 270 à 305 euros en haute saison, montre l’intérêt de décaler les dates de quelques semaines.